Un peu de culture avec koide9alondres, le premier blog «cultouristique» sur Londres, ou ailleurs quand on y va.

Vous n’êtes pas sans savoir que le centre de Londres a été ravagé par un incendie du dimanche 2 septembre au mercredi 5 septembre 1666… en tous cas, maintenant, vous le savez.

On peut considérer qu’en dépit de son activité économique, le centre de Londres était plutôt insalubre à l'époque, en raison notamment d’une urbanisation anarchique: la ville avait été durement touchée par «la grande peste de Londres» un an plus tôt. Qui a décimé environ 20% de sa population. Rien que ça.

A peine plus d’un an plus tard donc, une boulangerie de Pudding Lane (logique) dans le Nord de Londres prend feu dans la nuit. Les flammes se propagent rapidement, aidées par les murs et toits de bois et de chaume et la sécheresse de l’été 1666. Ajoutez a cela un vent violent, les tergiversations des responsables qui, en mauvais termes avec le roi, refusèrent son aide, et la bêtise du maire de l’époque qui déclara avant de vaquer à ses occupations, ou de partir pleurer : «Fi! Une femme pourrait l’éteindre en pissant dessus».

Une fois l’incendie incontrôlable, la panique envahit la ville et le feu se propage jusqu’à la tamise, menaçant de la traverser et, à l’ouest, le palais de Whitehall et Westminster. Les flammes finissent par mourir après 4 jours, avec l’affaiblissement du vent et un plan anti incendie enfin devenu coordonné.

 

Incendie_de_Londres

Les pertes humaines sont encore inconnues. Si une dizaines de corps ont été retrouvées, on estime que des centaines ont pu périr, leurs corps complètement consumés par les flammes et donc, jamais retrouvés. Sans compter des milliers de réfugiés ayant tout perdu, obligés de faire face, sans logement ni emploi à un rude hiver.

Côté matériel, plus de 13 300 bâtiments dont la cathédrale Saint Paul ont été brulés pour un total de 100 à 10 millions de livres à l’époque, soit aujourd’hui, plus d’un milliard de livres sterling.

Cet incendie a fait ressurgir la psychose d’un complot catholique, le roi, lui a craint de plus vastes émeutes. D’autres y ont vu un effet positif: la fin de la peste. L’incendie aurait détruits les foyers infectieux. Cette théorie semble cependant contestable dans la mesure où, cette période a vu la disparition de la peste en Europe d’une manière générale.

Enfin, un monument fut érigé en mémoire de cet incendie et la ville reconstruite sur un plan similaire, les matériaux remplacés par de la brique et de la pierre. On peut également noter qu’aucune aide gratuite, distribution de pain ou aide au relogement, n’a été offerte aux sinistrés… ils sont durs ces grands bretons!